Merci à Masse critique qui m’a permis de lire cet ouvrage.
De quoi s’agit-il vraiment ? Non pas d’un catalogue de la jouissance telle qu’elle est décrite dans les livres, par exemple, non, non.
Ce sont des réflexions variées (quoique...) portant sur divers événements savants (un colloque international sur le thème de « Formes et enjeux de l’hyperbate » ex. : « Johnny est malade, mais bien assuré, il est subclaquant, aux fans éplorés »), de petites questions qui nous concernent tous (« pourquoi voulons-nous faire croire que nous avons lu tel ou tel chef-d’œuvre alors qu’il n’en est rien? », « lire rend-il plus intelligent? », « Un roman placé près des caisses se vend mieux »), des questions assez habituelles quand on parle de questions techniques (l’incipit), des anecdotes amusantes sur les « querelles d’écrivains » ou l’usage des citations de Victor Hugo au Parlement…, des citations dont on ne sait si elles sont authentiques…
Un index des auteurs cités complète le volume où Houellebecq, Hugo et Proust apparaissent abondamment.
Jouissance certes, surtout pour les amateurs éclairés, qui souriront ou riront franchement à certaines descriptions de colloques aux titres abscons dont Launet résume avec plus ou moins de bonne foi le contenu – incompréhensible bien sûr : c’est la loi du genre ! – mais la répétition engendre finalement moins de plaisir et c’est ainsi qu’on voit que le comique de répétition ne fonctionne pas à tous les coups.
Je préfère donc franchement les textes qui abordent de petites bizarreries comme la place de la météo dans les œuvres littéraires (surtout en Normandie et singulièrement dans Proust), l’influence des amphétamines sur l’écriture, …
Et, pour finir, un petit extrait dans lequel l’auteur explique le darwinisme littéraire :
« Un : en nous faisant partager des imaginaires et des mythes, la fiction serait un facteur de cohésion sociale, donc un atout pour la survie de l’espèce. Deux : avoir le goût des romans traduirait chez l’individu une inclination à une réflexion de type « Et si ? », tellement utile dans un monde incertain. Trois : en allant ratisser les grandes œuvres romanesques, on devrait pouvoir constituer une sorte d’histoire naturelle de l’« animal littéraire » qu’est l’homme. Le chantier est vaste. » (p.105)

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