Voilà que je reviens sur mon blog après un long silence (beaucoup de paresse et du travail) pendant lequel j'ai quand même lu pas mal.
Mais avant de parler de ces lectures de printemps (si tant est qu'on puisse appeler ainsi ces deux mois d'interminable automne que nous venons de vivre et pendant lesquels j'ai laissé mon blog en sommeil), je voudrais dire quelques mots d'un roman qui vient d'être d'être réédité dans la collection Espace Nord et dont j'apprécie beaucoup l'auteur, comme vous avez pu vous en rendre compte si vous suivez mon blog.
Bellewaerde est un parc d’attractions bien connu, proche d’Ypres, en Flandre. Mais qui sait que c’est aussi le lieu d’une bataille meurtrière de la première guerre mondiale ? Dans ce roman, alternent deux récits.
D’une part, Serge, un jeune garçon, que sa tante Bérénice a emmené avec elle et ses collègues de bureau, passe une journée de divertissement dans le parc. Le jeune narrateur s’intéresse de près à la vie sentimentale de sa tante et profite d’un moment de liberté pour visiter les lieux à sa guise. Il y fait une rencontre étonnante...
D’autre part nous suivons quelques jours de la vie de Pierre, Belge émigré au Canada et qui s’est engagé comme sous-officier pour venir se battre sur l’Yser. Avec une poignée d’hommes, il tente, sans illusion, de résister aux coups de boutoir de l’armée allemande. Dans ces instants qu’il croit les derniers, il médite sur le chagrin d’amour qui a déterminé son départ et son retour au pays.
La première guerre mondiale est une vraie passion pour Xavier Hanotte. Par ailleurs, Hanotte est traducteur d’œuvres flamandes, spécialement du romancier Hubert Lampo, un maître du « réalisme magique».
On peut considérer que, dans ce roman à la structure limpide, il parvient à unir ces deux éléments : guerre et réalisme magique.
Art et littérature (encore plus...)
Ce blog pour échanger avec mes visiteurs sur ces sujets de littérature et d'art qui nous intéressent...
samedi 1 juin 2013
dimanche 24 mars 2013
Antoine Watteau (1684-1721) La Leçon de Musique
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| Affiche de l'exposition à retrouver sur le site de Bozar |
J’ai consacré mon vendredi après-midi à visiter cette très belle exposition au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles.
Il y avait longtemps que je n’y étais plus allée : manque de temps, déception de précédentes expériences, que sais-je... mais je ne regrette pas ma visite : une belle sélection d’œuvres, surtout des dessins mais aussi quelques peintures – pas de Pèlerinage à Cythère ni d’Enseigne de Gersaint toutefois: ce n'est pas le thème, avec un Commissaire inattendu : William Christie, le fondateur des Arts florissants, spécialiste de la musique baroque.
Le parcours baigne dans une douce pénombre et, dans chaque salle, une niche accueille l’amateur de musique qui peut écouter quelques extraits des compositeurs les mieux en accord avec les scènes pastorales et musicales qui ornent les murs: Marais, Campra....
Pierrot avec sa guitare, jeunes amoureuses au théorbe… nous entraînent dans leurs intrigues que nous ne pouvons que guetter en indiscrets. On pense à Marivaux à chaque instant… et on se souvient de Verlaine:
dimanche 10 mars 2013
Laurent Joffrin, Le grand complot
Merci à Babelio et à l’opération Masse critique pour ce roman que j’ai eu plaisir à lire…
tous les livres sur Babelio.com
En cet hiver 1804, celui qui n’est pas encore Napoléon est convaincu d’être la cible d’un complot mené par les Blancs. Quatre chouans ont été arrêtés à Paris et Bonaparte est convaincu que Cadoudal, financé par les Anglais et inspiré par les Bourbons, est à nouveau la cheville ouvrière d’un complot qui menace sa vie. À l’issue de l’entrevue, Lachance est convié à une soirée mondaine ; il y fait la rencontre d’Aurore de Condé qui semble ralliée au nouveau Régime : malgré tout ce qui les oppose, Lachance tombe sous le charme…
Lachance n’est pas un détective comme les autres : bâtard d’un noble, expulsé avec sa mère de la maison léguée par le père à la mort de celui-ci, le jeune homme a profité des leçons de Fouché, son professeur de mathématiques chez les Oratoriens. La Révolution lui a donné sa vengeance ; jacobin enragé, adjoint de Carrier dans les massacres des Vendéens, il était surnommé par les royalistes l’Ange de la Mort en raison de sa beauté. Ayant échappé de justesse à la guillotine après la chute de Robespierre, il est entré dans la police pour y servir Fouché. À l’issue du premier roman, il a épousé une républicaine convaincue.
Le personnage que met en scène Joffrin n’est toutefois pas monolithique : celui qui est devenu policier après avoir été bourreau est un homme complexe qui, sans renier le passé, en a assez de la violence et du sang et aspire à la fois à la justice, à la réconciliation et à la paix civile. C’est la raison pour laquelle il est prêt à suivre Bonaparte, persuadé que celui-ci est le seul à même de rendre la paix et la concorde au pays. Il croit aussi à son honnêteté intellectuelle et politique, s’opposant en cela à sa femme, républicaine convaincue qui voit dans le Premier Consul un nouveau tyran prêt à remettre sur pied un pouvoir du même genre que celui des Bourbons.
Par ailleurs, Lachance, bel homme qui plaît aux femmes, leur résiste peu malgré l’amour sincère qui le lie à Olympe : il la trompe mais il ne veut pas la perdre…
dimanche 24 février 2013
Retour à Versailles et au Grand Siècle
Je ne sais pas combien de fois je reviens à Versailles et à ceux qui y ont vécu sur ce blog…
Cette fois, c’est pour y parler de deux livres très différents à première vue mais pas tant que cela finalement.
Une petite femme aux yeux bleus d’Irène Stecyk
Vous savez peut-être que je fais partie du comité éditorial de la collection Espace Nord. Dans ce cadre, ma principale tâche consiste à lire des œuvres d’auteurs belges qui pourraient être réédités. Et cette semaine, j’ai lu le roman d’Irène Stecyk qui obtint le Prix Rossel en 1972.
Quand j’avais 16 ans, je ne lisais pas les prix littéraires (je lisais beaucoup mais je ne sais plus quoi, à part Boris Vian…) en revanche, en lisant, je revoyais Danièle Denie déambulant dans un cloître en noir et blanc, escortée de Roger Van Hool que je trouvais très beau à cette époque. C’était un téléfilm de la RTBF.
Bref, voici donc un autre roman (certains diraient un de plus !) consacré à la Brinvilliers, marquise et empoisonneuse, dont Madame de Sévigné raconta le dernier supplice dans une lettre qui figurait dans mon anthologie.
dimanche 3 février 2013
Retour aux fondamentaux : L’écluse n°1 de Simenon
Les organisateurs de l’opération « Masse critique » sur Babelio m’ont offert un livre au format numérique réalisé par les éditions Omnibus, un bon vieux Maigret de derrière les fagots et je les en remercie!
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Un grand malentendu m’a longtemps éloignée de Simenon. J’étais adolescente et, pour moi, c’était un auteur de polars, écrits vite. Je sortais d’Agatha Christie et j’attendais des énigmes, des rebondissements, une lecture facile et rapide. Je croyais que Maigret, c’était Gabin dans L’Affaire Saint-Fiacre, ou Jean Richard – dont je ne connaissais pas la carrière comique. Grosse déception donc !
Me voici donc plongée dans ce roman court mais terriblement dense. Un soir, à l’écluse n°1 de Charenton, le vieil ivrogne Gassin tombe à l’eau et se croit happé par un noyé ; l’homme – Ducrau le « patron » d’une véritable flotte de péniches – et de divers chantiers n’est pas mort : poignardé, il a basculé mais sa blessure n’est que légère. Maigret, qui se prépare à tirer sa révérence de la PJ, est chargé de l’enquête. Selon ses bonnes vieilles habitudes, il flâne au bord de l’eau, rencontre la fille de Gassin, un peu simplette qui élève seule le bébé qu’elle a eu d’on ne sait qui ; il visite Ducrau, un vrai nabab qui parle haut, qui entretient sa maîtresse dans la maison familiale, qui méprise ses enfants... mais qui cache aussi bien des fêlures. Le personnage intrigue le commissaire au point qu’il se met à l’accompagner ici et là, tout en découvrant un monde et un mode de vie nouveaux pour lui…
dimanche 27 janvier 2013
La vérité sur l'affaire Harry Québert de Joël Dicker
Donc, j’ai lu ce roman multiprimé cet automne : certains me l’avaient recommandé avec flamme, d’autres s’étaient montré plus réticents.
Et moi, me direz-vous ?
Eh bien, je suis dubitative… mais ce qui est sûr, c’est que c’est un roman très construit d’un auteur diablement malin : plongée dans le présent de l’affaire, retours en arrière dans la jeunesse de Goldman, ouverture de chaque chapitre par un conseil d’écriture de Québert à Goldman, compte à rebours des numéros de chapitres : rien n’est laissé au hasard !
L’histoire finalement est celle d’un thriller bien foutu, que pourraient écrire bien des auteurs américains : un jeune romancier que son premier roman a propulsé au sommet se lance dans une croisade pour défendre son maître, le romancier Harry Québert, accusé du meurtre d’une adolescente avec laquelle il avait une liaison et qui avait disparu 30 ans plus tôt. Les rebondissements se multiplient jusqu’à la surprise finale.
À cette histoire se superpose un roman d’éducation : Marcus Goldman était surnommé Le Formidable dans son école et par ses parents mais c’était au prix d’une imposture ; c’est Harry Québert qui l’a tiré vers le haut et lui a permis de devenir un jeune prodige de la littérature. Mais après un premier succès, il en faut un autre et Marcus a bien du mal à se remettre à écrire après avoir profité du succès et de l’argent qui allait avec. Et le voilà mis sous pression par son éditeur qui vend des livres comme il le ferait de boites de conserve et par un public avide de scandale tout en cultivant un puritanisme hypocrite.
dimanche 30 décembre 2012
Meilleurs voeux 2013
Et mon calendrier pour vous tous qui venez de temps à autre vous promener sur ce blog. Que l'année vous soit douce!
samedi 29 décembre 2012
Musique baroque (2)
Autre roman - à la facture plus classique cette fois - qui parle de musique baroque : Stradella de Philippe Beaussant
Il ne s'agit pas ici de l'opéra de Franck qui marqua la réouverture de l'Opéra royal de Wallonie à Liège, évènement qui fit beaucoup parler de lui, bien que le roman parte du même argument.
Beaussant brode toutefois autour d’une vie largement méconnue, un peu comme l’avait fait Pascal Quignard dans Tous les matins du monde – autre roman qui parle de musique et de peinture baroques.
En Italie au XVIIe siècle, Alessandro Stradella est un jeune musicien accompli mais un peu volage. Il est engagé par un sénateur vénitien pour enseigner le chant à Ortensia, une jeune cantatrice, sa protégée, dont il rêve de faire une diva.
Le jeune couple ne tarde pas à succomber à la passion et à fuir Venise non sans être poursuivi par des sbires aux ordres du sénateur Ils trouvent refuge chez Gemelli, le maître de Stradella qui leur fait découvrir peu à peu les secrets de la création artistique. Mais la jeune femme a été mordue par le démon de la jalousie après une rencontre avec une troupe de bohémiens et le sénateur n’a pas renoncé à sa vengeance.
Beaussant, spécialiste du Baroque comme on le sait et coscénariste, avec Gérard Corbiau, du film Le Roi danse, nous donne ici un ouvrage captivant. En effet, en parallèle aux aventures du musicien Stradella, il nous propose une réflexion sur l’écriture même du roman et son rôle d’auteur sans se masquer derrière un narrateur omniscient. Dans une sorte de mise en abyme, la création est également le sujet des leçons que donne Gemelli à la fois à Stradella et à Ortensia.
Enfin, j’ai apprécié les multiples références à la peinture baroque et, en particulier, au Caravage et à Georges de La Tour. C’est un plaisir de voir évoluer les personnages dans des décors directement inspirés des œuvres de ces deux maîtres.
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| La conversion de Saint Mathieu : un des décors du roman. |
Un roman à déguster et à méditer.
mercredi 26 décembre 2012
Musique baroque
Le calendrier de l’année a une influence non négligeable sur la musique que j’écoute ; les fêtes en particulier qui me trouvent bien au chaud chez moi sont propices à l’écoute, d’autant plus que c’est souvent l’occasion de la mise sur le marché de nouveaux CD bien attirants.
Si Offenbach est le roi du Nouvel An – avec Strauss, bien sûr –, Noël est plutôt synonyme de baroque. Et si, en plus, une bonne lecture accompagne l’écoute, le plaisir est complet. J’attendais beaucoup donc de l’accord entre la musique de Steffani, que nous fait découvrir Cecilia Bartoli dans son album Mission, et le roman de Donna Leon, Les joyaux du Paradis. J’aime assez les romans vénitiens de l’Américaine mais ici, grande déception : on sent l’écriture de commande sans rien de baroque hélas !
Heureusement que Bartoli est là!
J’ai donc relu de vrais romans baroques que j’ai retrouvés avec le même plaisir que celui que mon souvenir avait gardé…
Un incontournable d’abord : Concert baroque d’Alejo Carpentier : au XVIIIe siècle, un riche créole mexicain décide de se rendre en Europe. À son escale de Cuba, il perd son domestique, un guitariste émérite et, pour le remplacer, il engage Filomeno, un noir, lui aussi musicien, spécialiste des percussions. Après un passage à Madrid, les voici tous deux à Venise pour le carnaval. Notre héros, déguisé en Montezuma fait la connaissance de trois musiciens : Vivaldi, Scarlatti et Händel. Son déguisement va leur donner une idée…
Si Offenbach est le roi du Nouvel An – avec Strauss, bien sûr –, Noël est plutôt synonyme de baroque. Et si, en plus, une bonne lecture accompagne l’écoute, le plaisir est complet. J’attendais beaucoup donc de l’accord entre la musique de Steffani, que nous fait découvrir Cecilia Bartoli dans son album Mission, et le roman de Donna Leon, Les joyaux du Paradis. J’aime assez les romans vénitiens de l’Américaine mais ici, grande déception : on sent l’écriture de commande sans rien de baroque hélas !
Heureusement que Bartoli est là!
J’ai donc relu de vrais romans baroques que j’ai retrouvés avec le même plaisir que celui que mon souvenir avait gardé…
Un incontournable d’abord : Concert baroque d’Alejo Carpentier : au XVIIIe siècle, un riche créole mexicain décide de se rendre en Europe. À son escale de Cuba, il perd son domestique, un guitariste émérite et, pour le remplacer, il engage Filomeno, un noir, lui aussi musicien, spécialiste des percussions. Après un passage à Madrid, les voici tous deux à Venise pour le carnaval. Notre héros, déguisé en Montezuma fait la connaissance de trois musiciens : Vivaldi, Scarlatti et Händel. Son déguisement va leur donner une idée…
mardi 25 décembre 2012
Heureux Noël à tous!
La fin du monde n'ayant pas eu lieu, je vous souhaite à tous, en ce jour de Noël, de très joyeuses fêtes!
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